à propos

portrait

Aujourd’hui André Adam ne cesse de nous précipiter dans les tons éclatants de ses toiles. Depuis, l’âge de 14 ans sa peinture a traversé une multitude d’étapes le menant à une étonnante diversité de styles et de sujets.

« La beauté est là où l’on s’y attend le moins dans la fragilité de l’éphémère; la surface écaillée d’une planche ou d’une grille rouillée, le fond d’une poubelle ou d’une flaque d’eau »

1969 – 1973

Suivant les Beaux Arts de Versailles il marque un court passage à l’Ecole des Arts Décoratifs avant de créer son propre atelier de peinture  » Art et Passion » en 1973.
Ont suivi des expositions divers à Versailles et à Monaco où il obtient une mention spéciale du jury pour deux portraits de Nicola Stilo et de Riccardo Delfra. Ses toiles commencent à se vendre. Ensuite il a été invité à exposer pendant le festival de jazz de Ramatuelle et de faire des expositions personnelles à Monaco, Beaulieu-sur-Mer, Anger et Dijon.

1986

Suite à ses nombreux portraits de musiciens de jazz avec des expositions notamment au Magnetic Terrasse, au New Morning et aux divers boites de jazz, le centre culturel de Redon l’a invité à exposer lors de leur hommage à Chet Baker. Deux de ses portraits ont remporté le premier prix d’avant garde de la ville de Stockholm à la suite d’une exposition à New York. De nombreuses toiles sont vendues.

1997 – 2003

Voient une rupture qui amène la destruction de quarante années de travail. André Adam plonge exclusivement dans la création, n’expose plus, vend peu, se reconstruit.

2003 – 2014

L’expressionnisme lyrique marqué de puissance physique de sa peinture trouvent de nouvelles techniques et supports; le fibrociment, le verre, le plexi-glass, la faïence, le bois, le papier, le métal, l’isorel, le tissu et toujours la toile omniprésente.
Ici minuscule détail de nature devenu sur-dimentionné, se rendant quasi-abstrait.
Là une nature morte dépouillée de sa matière ne conservant que ses reflets lumineux.
Plus loin les fleurs en cascade multi-colore osant le vent.
Toujours des maternités imprégnées de souffrance.

(écrit par Margaret Adam.)

Décrit par son fils Nicolas Adam
ATELIER DU RAILWAYCOTTAGEMon père peignait, avait toujours peint avec un sens inné de la couleur, de la matière.
Il passait ses week-ends enfermé dans l’atelier à expérimenter, à frotter, brosser, gratter, mélanger, diluer, étaler, à  travailler le support, à créer en écoutant du jazz ou du classique avec son vieux poste radio barbouillé d’éclats d’huile et d’acrylique.
Et il produisait. Il produisait énormément, sans cesse, en masse.Rien ne semblait pouvoir stopper sa fureur créatrice, son besoin fou d’exploiter les couleurs, d’élaborer de nouveaux procédés, d’inventer, pas même une panne passagère d’inspiration. L’inspiration sort de ses tubes, je me disais, fleurie au creux d’un récipient. Et, tel un rouleau compresseur, il couvrait les toiles blanches, les plexis, les ardoises, le bois, la céramique, les feuilles cartonnées, des centaines de feuilles cartonnées, des milliers sûrement, et j’en oublie, évidemment que j’en oublie.
L’atelier était une pièce secrète à mes yeux, une pièce interdite où seul le peintre avait accès. Je ne m’y rendais que très rarement pour contempler les œuvres de mon père. Je pénétrais alors un univers irréel , mystique .Les vapeurs chimiques de la peinture et des produits toxiques enflammaient mes sinus.Les truelles, les couteaux, les pinceaux, les brosses, les pots, les tubes, les crayons, les pigments, les flacons de térébenthine, de vernis, la bouteille plastique d’un litre de white spirit grise, les chiffons mâchurés, les châssis vierges emmagasinés,la lampe pliante métallique noire fixée à la table, le chariot argenté chargé de matériel, le plan de travail et le chevalet maculés de traces abstraites , ça fusait de toutes parts.La multitude des formats enduits comme autant de portes ouvertes sur des mondes inconnus.
Je ne comprenais pas toujours ce que je voyais. Je forçais mon esprit à en percer l’essence, à en découvrir la moindre signification. La petite tâche qui avait pu échapper à son contrôle possédait une aussi grande vérité que tout le reste et je voulais la déchiffrer ,la matérialiser ,l’expliquer .J’étais bien souvent à côté de la plaque mais je prenais un aller simple pour le voyage, l’envol. Je pressentais de ma vision encore brute une infinité de possibilités et de réponses dans ces reliefs, ces formes, ces contrastes, ces ombres, ces jets.
Je crois ne jamais avoir été déçu par une peinture de mon père.